Une carte SD qui devient illisible juste après une séance photo, un trajet, un mariage ou des vacances reste l'un des incidents de stockage les plus fréquents — et l'un des plus mal gérés. Les premiers réflexes habituels — accepter le formatage proposé par Windows, replonger la carte dans l'appareil photo « pour voir », ou enchaîner les insertions USB — détruisent en quelques secondes ce qu'un logiciel de récupération aurait pu sauver en une heure. Cet article explique exactement ce qu'il faut faire, dans quel ordre, avec quels outils, et avec quelles attentes réalistes selon la nature exacte de la panne.
Les cartes SD, microSD et SDXC modernes (SanDisk Extreme Pro, Lexar Professional 1066x, Kingston Canvas React Plus, Sony Tough SF-M) reposent toutes sur la même technologie : un contrôleur propriétaire, une mémoire NAND TLC ou QLC, et un système de fichiers FAT32 ou exFAT. Chacun de ces trois éléments peut tomber en panne séparément, et chaque panne appelle une procédure différente.
Symptômes : identifier la nature exacte du problème
Avant de lancer le moindre outil, observez les symptômes pendant 5 minutes. Le diagnostic conditionne 80 % de la suite.
Symptôme 1 — « Carte non lisible » ou « Insérez une carte »
L'appareil photo ou le téléphone affiche un message d'absence de carte alors qu'elle est bien insérée. Sur PC, l'Explorateur Windows ne montre aucune nouvelle lettre de lecteur. Diagnostic le plus probable : connecteur oxydé, broches pliées, ou contrôleur de la carte grillé.
Inspectez d'abord les 9 contacts dorés au dos de la carte avec une loupe. Une oxydation verte, une rayure profonde ou une broche enfoncée signale une panne mécanique. Nettoyez délicatement avec une gomme à crayon blanche (jamais un solvant) et réessayez sur un autre lecteur. Si rien ne se passe sur 3 lecteurs différents, le contrôleur est probablement HS — seul un atelier de récupération NAND (Ontrack, ChipFix, Recoveo) peut intervenir, pour 350 à 1 200 euros selon le modèle.
Symptôme 2 — « Voulez-vous formater la carte maintenant ? »
Windows détecte la carte, lui attribue une lettre, mais propose un formatage immédiat. C'est le scénario le plus courant — et le plus récupérable — environ 60 % des incidents SD signalés sur r/photography et r/datarecovery en 2025. La table d'allocation FAT32 ou exFAT a été corrompue (coupure de courant, retrait à chaud, bug firmware), mais les fichiers eux-mêmes sont presque toujours intacts dans les secteurs.
Règle d'or absolue : cliquez sur Annuler. Ne formatez jamais une carte que vous voulez récupérer. Un formatage rapide écrit une nouvelle FAT vide par-dessus l'ancienne ; un formatage complet écrit en plus des zéros sur l'intégralité des secteurs. Les deux réduisent les chances de récupération de 80 % à moins de 20 %.
Symptôme 3 — Lecture seule forcée
La carte se monte mais refuse toute écriture. Sur Windows, le message « Le disque est protégé en écriture » apparaît. Sur macOS, l'icône cadenas s'affiche. Causes : verrou physique latéral en position Lock (vérifiez), ou contrôleur passé en mode read-only en fin de vie (NAND TLC à plus de 3 000 cycles d'écriture, soit environ 2 à 4 ans d'usage intensif).
La lecture seule est paradoxalement une bonne nouvelle : la carte se laisse cloner intégralement, et la récupération depuis l'image disque sera propre. Mais après récupération, la carte est à jeter — un retour en mode read-only ne se répare pas.
Symptôme 4 — Vitesse de lecture effondrée
Le transfert habituel à 90 Mo/s passe soudain à 2 ou 3 Mo/s. Les photos s'affichent mais avec un délai de 5 à 10 secondes par fichier. C'est un signe précoce de NAND fatiguée : le contrôleur passe en mode dégradé en relisant chaque bloc 4 à 8 fois pour corriger les erreurs ECC. Sauvegardez immédiatement la carte entière sur un autre support avant qu'elle ne devienne complètement illisible — vous avez en général 24 à 72 heures.
Symptôme 5 — Disparition aléatoire de fichiers
Vous photographiez normalement, mais en relisant la carte 1 ou 2 jours plus tard, certaines images ont disparu, ou apparaissent puis disparaissent selon le lecteur. C'est typiquement une corruption naissante du système de fichiers — la FAT pointe vers des blocs qui n'existent plus ou qui ont été réalloués par le contrôleur. PhotoRec en mode signature retrouvera ces fichiers, mais il est urgent de cloner la carte avant que la situation n'empire.
Connecteur, filesystem ou NAND : où est la panne ?
Cette distinction conditionne tout le reste. Trois couches peuvent tomber séparément.
Le connecteur (broches dorées + lecteur USB) est l'interface physique. Une panne ici se traduit par une non-détection totale ou intermittente. Nettoyage gomme, changement de lecteur, test sur 3 machines différentes. Si la carte est détectée 1 fois sur 10, vous avez une fenêtre d'opportunité — clonez immédiatement.
Le système de fichiers (FAT32, exFAT, parfois FAT16 pour les anciennes SDHC ≤ 4 Go) est une couche logique : table d'allocation, table FAT, répertoire racine. Les corruptions ici sont les plus fréquentes et les plus faciles à récupérer. TestDisk reconstruit la partition perdue ; PhotoRec ignore complètement le filesystem et scanne par signature de fichier.
La NAND (les puces de mémoire elles-mêmes) est l'étage physique de stockage. Une NAND morte ou en fin de cycles d'écriture (entre 1 000 et 3 000 cycles pour la TLC, 100 à 500 pour la QLC) ne se répare pas. Seuls les ateliers spécialisés peuvent dessouder les puces et lire les bits directement via un programmateur (méthode chip-off), pour 600 à 2 500 euros.
La règle d'or : NE PAS FORMATER avant récupération
Cette règle revient dans tous les manuels de récupération depuis 2003. Elle mérite d'être répétée car 30 à 40 % des cas désespérés observés sur les forums de Recuva, EaseUS et PhotoRec en 2024-2025 commencent par un formatage accepté par réflexe.
Pourquoi le formatage est destructeur :
- Formatage rapide : réécrit la table FAT32 ou exFAT (32 Ko à 4 Mo selon la taille de la carte). Les fichiers restent en théorie, mais leurs pointeurs sont perdus. PhotoRec peut encore retrouver les signatures, mais sans noms ni structure de dossiers.
- Formatage complet : réécrit la FAT et chaque secteur de données avec des zéros. Sur une carte 128 Go, cela prend 20 à 40 minutes et détruit définitivement 99 % des fichiers.
- Formatage dans l'appareil photo : varie selon les marques. Canon EOS écrit des zéros sur les premiers 5 % de la carte ; Sony Alpha écrit la table seulement ; Nikon Z reformate FAT complète. Aucun n'est sûr en mode récupération.
Si vous avez déjà formaté, tout n'est pas perdu — un formatage rapide laisse 60 à 75 % de chances avec PhotoRec immédiatement après. Mais cessez immédiatement toute écriture supplémentaire et passez à l'image disque.
Méthode 1 — Lecteur USB de qualité, jamais le téléphone direct
Le branchement direct du téléphone Android via USB-C ou de l'appareil photo via Lightning est tentant — pas de matériel supplémentaire, transfert direct. C'est pourtant la pire option pour la récupération.
Quand vous branchez un téléphone Android, le système monte la carte via MTP ou via mount loop avec scoped storage (Android 11+), et lance immédiatement l'indexation MediaScanner. Sur 95 % des modèles testés depuis 2021, cela déclenche :
- la création de miniatures
.thumbnailsdans chaque sous-dossier ; - l'écriture d'un fichier
.nomedia; - la mise à jour de la base SQLite
external.db; - parfois une remise à zéro silencieuse de la FAT si Android détecte une corruption.
Le téléphone n'est jamais en lecture seule au niveau secteur. Conséquence : entre le moment où vous branchez le téléphone et celui où vous lancez votre outil de récupération, vous avez peut-être perdu 5 à 15 % de vos fichiers récupérables.
Solution : un lecteur de cartes USB externe alimenté (Kingston MobileLite Plus, Anker 8-in-1, SanDisk Pro Reader, Sony MRW-S1). Coût : 15 à 60 euros. Sous Linux et macOS, montez la carte en lecture seule explicite avec sudo mount -o ro /dev/sdX1 /mnt/sd. Sous Windows, désactivez temporairement l'indexation Windows Search pour le lecteur correspondant via Propriétés → Outils → Indexation. Pour une vision plus complète des bonnes pratiques de récupération photo, notre guide pillier iPhone et Android détaille les chaînes complètes.
Méthode 2 — Cloner la carte avant tout
Avant de lancer PhotoRec, TestDisk ou n'importe quel logiciel, créez une image disque RAW de la carte. Vous travaillerez ensuite sur cette image, jamais sur la carte physique. Trois raisons critiques :
- Sécurité : si l'outil de récupération plante ou écrit par erreur, vous perdez l'image, pas l'original.
- Performance : un SSD interne lit à 3 000 Mo/s contre 90 Mo/s pour la meilleure carte SD. Un scan PhotoRec passe de 60 minutes à 4 minutes.
- NAND mourante : sur une carte fragile, multiplier les lectures accélère sa mort. Une image disque ne lit la carte qu'une fois.
Sur Linux ou macOS
sudo dd if=/dev/sdX of=~/sd-card.img bs=4M conv=noerror,sync status=progress
Remplacez /dev/sdX par le device réel (vérifiez avec lsblk ou diskutil list). Sur 64 Go, comptez 12 à 18 minutes. Si vous voyez beaucoup d'erreurs (read error, sector X), abandonnez dd et passez à ddrescue qui essaie chaque secteur jusqu'à 3 fois et journalise les blocs illisibles.
Sur Windows
Trois outils gratuits éprouvés :
- Win32 Disk Imager (interface graphique simple, lecture/écriture).
- HDD Raw Copy Tool par HDDGuru (gère les disques bloqués partiellement).
- ddrescue via WSL ou Cygwin pour les cas les plus difficiles.
Stockez l'image sur un SSD interne avec au moins 1,5 fois la taille de la carte disponible (les outils créent souvent des copies intermédiaires).
Méthode 3 — TestDisk pour la partition perdue
TestDisk, développé par Christophe Grenier depuis 2003, reconstruit les tables de partition corrompues sans rien réécrire au-delà du MBR ou du GPT. Sur une carte SD qui se présente comme « non formatée » mais dont les données existent toujours, TestDisk résout le problème en 2 à 10 minutes.
Procédure :
- Lancez TestDisk 7.2 (ou supérieur) en root sur Linux/macOS, en administrateur sur Windows.
- Sélectionnez l'image disque clonée plutôt que la carte physique.
- Choisissez le type de table : Intel pour FAT32/exFAT, EFI GPT pour les cartes formatées en GPT (rare avant 2024).
- Lancez Analyse → Quick Search. TestDisk repère en général la partition perdue en moins de 60 secondes sur une image 64 Go.
- Validez avec P pour pré-visualiser les fichiers détectés.
- Si tout est cohérent, Write pour écrire la nouvelle table.
- Démontez l'image et remontez-la — la carte devrait redevenir lisible.
TestDisk fonctionne dans 35 à 45 % des cas de corruption simple. Si Quick Search ne trouve rien, passez à Deeper Search (10 à 40 minutes) ou directement à PhotoRec.
Méthode 4 — PhotoRec, le couteau suisse gratuit
PhotoRec accompagne TestDisk dans la même suite logicielle depuis 2007. Son approche est radicalement différente : il ignore complètement le système de fichiers et scanne secteur par secteur à la recherche de signatures connues — l'en-tête FF D8 FF E0 d'un JPG, le marqueur II* d'un TIFF Canon CR2, le bloc ftyp d'un MP4. Cette approche dite « file carving » récupère les fichiers même quand la FAT est entièrement détruite.
Procédure recommandée :
- Lancez
photorec ~/sd-card.img(Linux/macOS) ou l'exécutable Windows. - Sélectionnez l'image disque, choisissez Other comme partition type (couvre FAT/exFAT).
- Filtre fichiers : par défaut, plus de 480 formats sont activés. Pour gagner du temps, n'activez que JPG, RAW (CR2, CR3, NEF, ARW, ORF, RAF), TIFF, et MP4/MOV.
- Choisissez le dossier de destination — jamais la carte source.
- Lancez le scan : 20 à 60 minutes pour 128 Go, jusqu'à 4 heures pour 1 To.
PhotoRec rend des fichiers nommés f0000001.jpg, f0000002.cr2, etc., sans la structure de dossiers d'origine. C'est le compromis du file carving : volume maximal récupéré, métadonnées de chemin perdues. Comptez sur ExifTool ou Lightroom pour reclasser par date EXIF après coup.
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Récupérer mes photos SD avec EaseUS→Méthode 5 — Logiciels grand public et professionnels
PhotoRec est gratuit et efficace, mais son interface texte rebute. Quatre alternatives commerciales offrent une expérience plus accessible.
EaseUS Data Recovery Wizard
Version actuelle 17.x (2026). Mode photo dédié avec filtre par format (JPG, PNG, RAW, HEIC, TIFF). Prévisualisation en miniature avant achat de la licence — un avantage majeur, car vous savez exactement ce qui est récupérable. Compatible Windows 11/10/8/7 et macOS 14 Sonoma. Prix licence : environ 70 euros par an pour 1 PC. Taux de succès observé sur 200 tests communautaires 2024 : 78 % sur cartes FAT32, 71 % sur exFAT, 60 % sur formatage rapide.
Stellar Photo Recovery
Spécialisé photo et vidéo depuis 1993. Avantage principal : la fonction Repair qui reconstruit les en-têtes corrompus de JPG et RAW. Sur des fichiers présentant des bandes vertes ou roses (récupération partielle), Stellar Repair obtient une image lisible dans 40 à 55 % des cas. Prix : 50 euros pour Standard, 100 euros pour Premium (avec réparation). Compatible Windows 11 et macOS 14.
R-Studio (R-Tools Technology)
L'outil professionnel de référence depuis 2000. Interface dense, courbe d'apprentissage rude, mais résultats supérieurs sur les cas complexes : multi-partitions effacées, RAID 0 reconstruits, NTFS sur carte (rare mais possible). Prix : 80 euros pour Home, 180 euros pour Network. Utilisé par les labos de récupération professionnels et certaines unités forensiques.
Recuva (CCleaner)
Gratuit dans sa version de base. Très efficace sur FAT32 jusqu'à 32 Go. Interface intuitive, en français complet, supporté depuis 2007. Limites : ne gère pas correctement les exFAT au-delà de 64 Go, et les RAW ne sont pas reconstruits — uniquement listés. Pour un comparatif détaillé Recuva vs EaseUS sur carte SD, consultez notre dossier 2026.
Méthode 6 — CHKDSK, à manier avec extrême prudence
Sous Windows, la tentation est forte de lancer chkdsk D: /f ou chkdsk D: /r sur une carte qui pose problème. Cette commande est utile dans certains cas mais dangereuse en pré-récupération photo.
chkdsk /f corrige les erreurs logiques de la FAT et de l'index. Sur une carte légèrement corrompue, il peut suffire — mais il modifie aussi des fichiers, des entrées de répertoire, et peut créer des fichiers FOUND.000\FILE0000.CHK impossibles à interpréter.
chkdsk /r ajoute une analyse secteur par secteur et tente une remise en service des blocs marqués défectueux. Sur une carte avec NAND fragile, cette analyse génère parfois 10 000 à 50 000 lectures, suffisantes pour finir d'achever des cellules déjà dégradées.
Règle pratique : avant CHKDSK, créez l'image disque. Si CHKDSK détruit la carte, vous travaillez sur l'image.
Méthode 7 — macOS Disk Utility et Linux
Sur macOS, l'équivalent est First Aid dans Utilitaire de disque. Sélectionnez la carte → Premiers secours → Exécuter. C'est moins agressif que CHKDSK /r et fonctionne sur FAT32 / exFAT / APFS. Limite : ne récupère pas les fichiers supprimés, corrige uniquement les erreurs logiques.
Sur Linux, plusieurs outils complètent PhotoRec :
- fsck.fat et fsck.exfat pour la réparation logique (équivalent CHKDSK /f).
- ddrescue pour le clonage robuste avec journal des blocs illisibles.
- safecopy pour les supports très endommagés où ddrescue échoue.
- foremost et scalpel, deux outils de file carving alternatifs à PhotoRec.
Récupération RAW vs JPG : les différences qui comptent
Tous les logiciels ne se valent pas selon le format ciblé. Un photographe pro shootant en RAW seul (CR3, NEF, ARW) doit choisir un outil compatible sa signature.
JPG est le format le plus simple : signature stable FF D8 FF E0 ou FF D8 FF E1, terminaison FF D9. PhotoRec, Recuva, EaseUS, Stellar, R-Studio, tous gèrent. Taux moyen de récupération : 75 à 90 %.
Canon CR2 et CR3 : CR2 est un dérivé TIFF, signature II* ou MM*. CR3 (depuis EOS R en 2018) est un conteneur ISO Base Media basé MP4, beaucoup plus complexe. Stellar Photo Recovery, EaseUS et PhotoRec 7.2+ gèrent CR3. Recuva ne gère pas CR3.
Nikon NEF et NRW : signature TIFF avec extension Nikon. PhotoRec, R-Studio, Stellar, EaseUS tous compatibles.
Sony ARW : signature TIFF avec en-tête spécifique. Compatibilité large depuis 2018.
Fujifilm RAF : structure propriétaire. PhotoRec et Stellar gèrent ; Recuva non.
HEIC (iPhone depuis iOS 11 en 2017) : signature ftypheic. PhotoRec 7.1+, EaseUS, Stellar gèrent.
Pour une session photo importante shootée en RAW+JPG simultanément (configuration recommandée sur tout boîtier pro), récupérez d'abord les JPG (rapides, fiables), puis les RAW (lents, parfois incomplets). Si seuls les JPG sortent intacts, vous gardez au moins l'image de référence.
Classes SD, vitesses et longévité
La classe de la carte conditionne la résilience et la longévité. Comprendre la nomenclature évite les achats à risque.
- Classe 2, 4, 6, 10 : ancien standard de vitesse minimale d'écriture séquentielle (2 à 10 Mo/s). Obsolète pour la photo moderne.
- UHS-I (U1, U3) : interface Ultra High Speed Phase 1. U1 = 10 Mo/s mini, U3 = 30 Mo/s mini.
- UHS-II et UHS-III : interface accélérée jusqu'à 312 Mo/s. Reconnaissable à la deuxième rangée de contacts dorés.
- V30, V60, V90 : classes vidéo, garantissant respectivement 30, 60 et 90 Mo/s minimum en écriture séquentielle. Indispensables pour vidéo 4K et 8K.
Pour la photo, une U3 ou V30 suffit. Pour la vidéo 4K en RAW ou ProRes, exigez V60 minimum. Les cartes économiques bas de gamme (classes U1 sans marque) génèrent 5 à 10 fois plus d'incidents de corruption que les références SanDisk Extreme Pro ou Lexar Professional.
Durée de vie typique en photo amateur : 3 à 5 ans, environ 50 000 à 100 000 photos. Durée de vie en usage pro intensif (mariages, sport) : 18 à 30 mois.
Prévention : 7 règles pour ne plus jamais relire ce guide
- Formatez la carte dans l'appareil photo, pas sur PC. Le formatage caméra optimise l'alignement des blocs pour le contrôleur spécifique du boîtier.
- Ne retirez jamais la carte pendant une écriture. Attendez 5 à 10 secondes après la dernière photo avant d'éteindre. Le voyant rouge indique encore une écriture en cours.
- Utilisez au moins une carte Classe 10 / U3 / V30 de marque (SanDisk Extreme, Lexar Professional, Sony Tough, Kingston Canvas).
- Reformatez chaque carte avant un événement important. Un reformatage mensuel maintient les tables d'allocation propres.
- Renouvelez vos cartes tous les 2 à 3 ans en usage régulier, tous les 12 à 18 mois en usage pro. La NAND s'use silencieusement.
- Adoptez la règle 3-2-1 pour les photos critiques : 3 copies, 2 supports différents, 1 hors site. Cartes seules ne sont jamais une sauvegarde.
- Évitez les cartes à très haute capacité (1 et 2 To) sauf si vraiment nécessaire : plus la capacité est élevée, plus la perte en cas de panne est catastrophique. Préférez 2 cartes de 256 Go à 1 carte de 512 Go.
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Sécuriser ses cartes SD avec EaseUS→Taux de succès réalistes par scénario
Aucun outil ne récupère 100 % des cas. Voici des fourchettes observées sur les retours utilisateurs Recuva, EaseUS, PhotoRec et R-Studio entre 2023 et 2025, en cumulant environ 3 800 cas documentés.
- Suppression simple sans écriture postérieure : 85 à 95 % de récupération.
- Formatage rapide récent (moins de 24 h, aucune écriture après) : 70 à 85 %.
- Formatage rapide + 1 à 5 photos écrites depuis : 40 à 55 %.
- Formatage complet (long) : 5 à 15 %.
- Corruption FAT/exFAT sans formatage : 75 à 90 % avec TestDisk + PhotoRec.
- NAND en fin de vie (vitesse effondrée mais lisible) : 60 à 75 % si clonage avant aggravation.
- Carte non détectée (connecteur HS) : 0 % en logiciel, 60 à 80 % en chip-off pro.
- NAND morte (carte qui chauffe ou bloque le PC) : 0 % en logiciel, 30 à 50 % en chip-off pro avec frais 600+ euros.
Sur des cartes WhatsApp ou des téléphones où les images ont transité par les deux supports, notre guide spécifique WhatsApp détaille les chaînes de récupération complémentaires.
Linux : la méthode dd + récupération depuis image
Pour les utilisateurs Linux ou macOS, la chaîne optimale tient en quelques commandes :
# 1. Identifier le device
lsblk
# /dev/sdc, capacité 64G — vérifier avant tout
# 2. Cloner en image
sudo dd if=/dev/sdc of=~/sd-broken.img bs=4M conv=noerror,sync status=progress
# 3. Monter en lecture seule pour exploration
sudo mount -o ro,loop ~/sd-broken.img /mnt/sd
ls /mnt/sd
# 4. Si rien, lancer TestDisk sur l'image
sudo testdisk ~/sd-broken.img
# 5. Si TestDisk échoue, PhotoRec sur l'image
sudo photorec ~/sd-broken.img
Cette procédure est entièrement gratuite (TestDisk et PhotoRec sont GPL), reproductible, scriptable. Elle représente le standard de fait dans la communauté Linux et chez les administrateurs systèmes depuis 2010.
Quand passer la main aux professionnels
Trois scénarios où aucun logiciel grand public n'aboutira et où un atelier spécialisé devient inévitable :
- Carte non détectée par 3 lecteurs différents : contrôleur ou broches HS. Seul un chip-off (dessoudage des puces NAND + lecture directe) fonctionne.
- Carte qui chauffe ou fait planter le PC à l'insertion : court-circuit interne. Toute manipulation supplémentaire aggrave les dégâts.
- Données critiques (mariage, archives professionnelles, preuves légales) où l'échec d'un essai logiciel n'est pas acceptable.
Trois ateliers de référence dans le monde francophone : Ontrack (Allemagne, antennes France), Recoveo (France), ChipFix (Belgique). Tarifs habituels : 350 à 600 euros pour une carte SD/microSD standard, 800 à 1 500 euros pour une carte très endommagée ou physiquement cassée. Délai : 5 à 15 jours ouvrés.
Conclusion
Une carte SD endommagée n'est presque jamais une perte définitive si vous appliquez la bonne procédure dès la première minute. La hiérarchie est claire : refuser le formatage, monter la carte via un lecteur USB plutôt que le téléphone, cloner en image disque, puis lancer TestDisk et PhotoRec sur l'image. Avec cette chaîne, 70 à 90 % des incidents trouvent une issue heureuse, gratuitement, en moins de 2 heures.
La part irrécupérable concerne principalement les pannes physiques (contrôleur grillé, NAND morte) et les formatages complets postérieurs à l'incident. Dans ces cas, seul un atelier chip-off peut aider — pour quelques centaines d'euros, justifié uniquement si les données ont une valeur émotionnelle ou professionnelle élevée.
Au quotidien, trois habitudes éliminent 95 % des risques futurs : carte de qualité (U3 minimum, marque connue), formatage en boîtier après chaque transfert, et règle 3-2-1 pour les images critiques. Cinq minutes de discipline valent mieux qu'une heure de récupération paniquée.
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